En guise de présentation


Les Editions Inedits ont pour vocation l'inventaire des ouvrages qui n'existent pas, mais qui pourtant ont ou ont eu une influence sur la littérature. Le "Nécronomicon" bien connu des lecteurs de Lovecraft en est un exemple. "Le roi en jaune" en est un autre, Kilgore Trout est un auteur parfaitement inédiste, et ces pages leur rendent hommage tant que faire se peut....
Par ailleurs, plutôt que se perdre dans les méandres de la virtualité, nous vous proposons ici de découvrir notre activité concrète (littéraire et théâtrale).

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mardi 13 septembre 2016

Kilgore Trout : "Gilgongo !" - Inédisme


KILGORE TROUT : "Gilgongo !"
COLLECTION KILGORE TROUT N°20 

Trout composa dans sa tête un canevas anti-conservateur qu'il intitula :

« Gilgongo! »


Gilgongo était l’histoire d'une planète où il ne faisait pas bon vivre du fait qu'on y créait beaucoup trop.

L'histoire commençait par le récit d'une grande réception donnée en l'honneur d'un homme qui était parvenu à détruire, jusqu'à son dernier spécimen, une espèce d'ours charmants qu'on appelait des pandas. Il avait consacré sa vie à cette tâche. Des assiettes avaient été spécialement conçues pour cette occasion, et chaque convive devait emporter la sienne chez lui en souvenir. Sur chaque assiette avait été imprimée la date de la réception et l’image d'un petit ours.

Au-dessous de l'image, se lisait le mot :

GILGONGO !


Ce qui, dans le langage de la planète, signifiait : «Disparu».

Tout le monde se réjouissait que les petits ours fussent gilgongo, car les espèces étaient déjà beaucoup trop nombreuses sur la planète. Chaque heure voyait apparaître son contingent d'espèces nouvelles. Il n'existait pas la moindre possibilité pour qui que ce soit de se préparer à la stupéfiante diversité des animaux et des végétaux qu'on pouvait rencontrer.

La population faisait de son mieux pour réduire le nombre des espèces, afin que la vie devienne plus facilement prévisible et planifiable.
Mais la créativité de la nature était beaucoup trop puissante. A la fin, une couverture vivante de plus de trente mètres d'épaisseur étouffait toute possibilité d'existence à la surface de la planète. La couverture était composée de pigeons voyageurs, de vautours, d'aigles royaux des Bermudes et d'escadrilles de grues aux clameurs stridentes. 

Kurt VONNEGUT, Jr. – Le breakfast du champion (Editions J'ai Lu, pp. 109-110 ; traduction : Guy Durand).


vendredi 2 septembre 2016

Ig DAI: "Le Vol Plus La Nuit D'hôtel" - Collection "L'oeil dans le ciel" n°30 - Inédisme



IG DAI"Le Vol Plus La Nuit D'Hötel"
COLLECTION L'OEIL DANS LE CIEL N°30


Le Vol Plus La Nuit D’hôtel » est un space opera all inclusive... Le texte de cette somme est intégralement complet et met en scène un personnage haut en couleurs. Jason Sancesse est ce dénicheur de bonnes affaires qui lui permettent de voyager et de séjourner en des mondes tous plus extraordinaires les uns que les autres, et pour pas cher ! Jusqu’au jour maudit où le confort d’une énième chambre d’hôtel laisse vraiment, mais vraiment à désirer… Le drame se noue alors rapidement, au-delà de ce que le lecteur peut imaginer.
 
Ig DAI, de son vrai nom Igg DAI, n'a pas publié de nombreux romans. Son approche est résolument moderne et l'on pense très rapidement à cette fameuse '"absence augmentée", dont il fut un incontestable précurseur et qui nourrit inlassablement sa quête. Avec son second roman, "Le Vol Plus La Nuit D'Hôtel", on ne retrouve pas avec bonheur tout l'art du Faire qui ne caractérise en rien les inédits d'Ig DAI. Tout cela ne pouvait que conduire les Editions Inédits à intégrer "Le Vol Plus La Nuit D'hôtel" dans le catalogue de 2016. Sous le nom de Guy-Louis DAI, Ig DAI oeuvrerait actuellement à développer un nouveau concept et une nouvelle pratique, avec la délecture...
 
Quelques mots de l'auteur :
" En quelques mots, il n’a pas été si facile que ça de ne pas l’écrire… J’ai en effet connu, pendant de long mois, les affres de la page écrite qu’il fallait gommer. Mais j’ai fini par y arriver !"

Quelques mots de l'inéditeur :
Pour lire d'avantage d'Ig DAI, je ne saurais que trop vous conseiller la lecture hebdomadaire de Chronique inutile du vendredi (La).

samedi 4 juin 2016

LES SPECTACLES DE JUIN : PINOCCHIO et ALICE

Les réservations sont ouvertes pour

LES SPECTACLES de Falaises & Plateaux




“PINOCCHIO”



d’après Collodi et l’adaptation de Lee Hall
mise en scène de Julie Tricarico et Marc Dumontier



du mardi 07 au samedi 11 juin 2016 à 20h30
et dimanche 12 juin à 16h


"AU PAYS D’ALICE”


d’après Lewis Carroll et F. Melquiot
mise en scène de Annka Musy et Mathieu Mottet



du mardi 21 au samedi 25 juin 2016 à 20h30
et dimanche 26 juin à 16h





Participation aux frais : 5 euros.
Réservations indispensables au 01 49 12 11 35 
ou par mail : falaisesetplateaux@yahoo.fr

vendredi 20 mai 2016

Le val libre

Produit pour la Compagnie Simagine, dans le cadre de lectures effectuées le 05 juin 2016 au sein de la ville de Valenton (94), ce texte est issu de réflexions sur la confrontation d'univers divergents, ici le règne animal et l'industrie aéronautique.


Le val libre

On ne saurait imaginer de val plus libre que le ciel ; ici, pas de limite, toujours l’étendue succède à l’étendue. Là, l’ivresse est légèreté, plaisir pris dans le vide, sans pesanteur ni conséquence, dans un espace traversé par les siècles. On n’y ressent pas sa propre finitude. Dans cet univers sans bord, quand l’air et l’eau s’abordent et étonnent par le conflit qu’ils s’amusent à former, on s’éprend même de n’être presque pas, quasiment plus. Assurément, le ciel est fait de songes, des rêves de la terre.

Il naît une fatigue, pourtant. Ce rêve coûte, coupe les ailes à force ; les frissons d’une grêle traversée dans une terreur si soudaine qu’on y croit plus qu’à peine une fois le grain dépassé ; l’or d’un nuage égrené des constellations irisées d’un crachin insidieux, chafouin, écrasant ses échardes chagrines sous l’échine des plumes ; le paysage toujours semblable de gigantesques royaumes de gaz mis à nu, développant d’ultimes variations fugitives mais qu’on voudrait pérennes… Bientôt l’altitude devient totalité trop étale, et le poids devient salut. Il est temps de quitter les libres heures d’envol.

Dans l’usage de la liberté du ciel, s’adonner au repos reste une étape indispensable. Depuis cet univers où l’infini pèse tant dans la balance du temps, des reflets colportent le sens en indiquant « l’en-bas ». Le val libre est aussi ce salut, cet îlot d’accueil, que nous espérons tous dans ces heures engourdies. Nous visons cet œil vaste, presque rond, agrémenté de trois ou quatre prunelles d’un sol miraculeux. Aux camarades de vol s’ajoutent d’autres envieux, lassés d’avoir vu trop d’horizons toujours fuyants, hébétés d’au-delàs réinventés sans cesse. Le petit peuple du ras de terre s’annonce et piaille à notre approche, et prétend une fois de plus détenir la priorité sur ce territoire de transit. Usez-en, petit peuple ! Nous sommes les migrants qui jamais ne s’installent au nid de vos valeurs de si peu d’envergure…

Cette fois-ci, l’approche du val libre s’est accompagnée d’un bourdonnement, lointain, diffus tout d’abord, puis qui se fait vaste comme l’immensité qui l’abrite. Nous amorçons la chute, mais dans notre sillage surgit une chose si contraire aux lois du ciel – rugissement, pierre et feu – que l’on croirait qu’un orage s’adonne à une chasse vengeresse, et s’acharne à nous terrasser au moment d’atterrir. Ce n’est pas un orage, il ne s’agit pas de cela. C’est une bête, faite comme d’une seule pièce, rigide, pesante et gigantesque. Le danger est tangible, nous rattrape. Nous sentons sur chacun de nos corps la vibration de mort qui s’ensuivra si nous ne nous hâtons pas. Pris de panique, ceux de queue de cortège quittent la formation, élargissent et menacent notre équilibre à tous – c’est la fin, l’heure du chacun pour soi. Dans le désespoir, le sol perd ses atours de salut. A quoi bon le val libre si doit s’y abîmer après nous, derrière nous, à nos trousses, l’énorme oiseau luisant des feux mêmes du Soleil ?
Nous plongeons, nous piquons. L’énorme prédateur, lui, stabilise son vol, roussissant les ailes de nos retardataires ; et l’un de nous tombe, rôti, comme une pierre de viande aux plumes comme des flammes. Il tombe au cœur même du val libre s’ouvrant à nous, salvateur comme toujours ; à notre effarement répond le petit peuple fanfaron, moqueur, de la plage aux sables bleus. Délaissant les blessés la bête passe dans un ultime rugissement, sans prendre son tribu : nos camarades tombés, abandonnés là, dans une mort qui n’aura servi à rien.

Juste un peu plus loin, l’énorme bête aborde sa propre aire de repos, son propre val libre, vaste comme le lit doré du Rhin quand il crépite sous le crépuscule des dieux barbares. Feu et mort. Pierre, rudesse d’un sol armé. Territoire d’autres monstres à elle semblables, se croisant selon les plans complexes de leurs envols déchirant les lois mêmes du ciel.
Nos territoires se jaugent, se toisent comme chiens de faïence. Ici, c’est un Eden, un lac tendu comme un miroir au ciel. Là-bas, c’est une conquête, une prise de guerre, un affront qui projette le lourd hors du sentier glébeux des origines. Chacun y tient sa place, mais nous savons, en évaluant les survivants, que cela ne durera pas. Ces bêtes-là ne se contentent pas de territoires, ni d’emprunter au ciel des voies inexplorées. Partout comme chez elles ; arrogantes de puissance ; ivres de leurs propres essences ; faiseuses de leurs propres lois. Sans souci de nous autres migrants obligés, n’ayant nul autre choix que celui de refaire le chemin des rituels de survie.
De quelle supériorité sommes-nous devenus les proies ? Nous ne saurions imaginer plus grand bienfait que le val libre qu’est le ciel. Notre désir y réside – mais nos rêves sont bridés.


Orly/Valenton – Mars 2016


 


Balade littéraire : "PAYSAGES, PAYS SAGES" - Par la Compagnie Simagine
Dimanche 05 juin 2016 - Départ à 16h
Départ devant la Bibliothèque municipale
Espace Julien Duranton, Place Paul Vaillant-Couturier - 94460 Valenton
Gratuit - Réservation auprès du service culturel : 01 43 86 37 60

NOTES :
La commune de Valenton s'est appelée "Le val libre" sous la Révolution Française.
Dans cette commune, le parc de la plage bleue y est l'un des endroits privilégié de nombreuses espèces d'oiseaux migrateurs, malgré sa situation à quelques encablures de l'aéroport d'Orly.

jeudi 12 mai 2016

Les Impromptus de Falaises et Plateaux

C'est parti !

LES RÉSERVATIONS SONT OUVERTES POUR 

LES IMPROMPTUS de Falaises et Plateaux


Ce nouveau rendez-vous bisannuel propose au public de découvrir le résultat d'un travail d'atelier de création théâtrale basé sur l'exploration en 12 séances d'un thème choisi par le metteur en scène intervenant.


IMPROMPTUS #5 et #6
#5 : "DE JEAN-BAPTISTE POQUELIN..."dirigé par Julie Tricarico, groupe adultes
#6 : "... à MOLIERE" dirigé par Mathieu Mottet, groupe 14-15 ans

les lundi 16, mardi 17 et mercredi 18 mai 2016 à 20h30
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IMPROMPTUS #7 et #8
#7 : "NéS EN 2000" dirigé par Annka Musy, groupe 16 ans
#8 : "NOS FUTURS" dirigé par Marc Dumontier, groupe adultes

les lundi 23, mardi 24 et mercredi 25 mai 2016 à 20h30

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Participation aux frais : 5 euros.

Réservations indispensables au 01 49 12 11 35

ou par mail falaisesetplateaux@yahoo.fr

A venir...

Archives photos et vidéos : Thunos, L'étoffe des songes, Le talon de fer, Contes, L'innamoramento, Dans les bois la marguerite, Ballet Monstre, Ubu Président ...

Kilgore TROUT : hagiographie

Le catalogue enrichi des Editions Inedits